Le Père Agostino da Montefeltro, franciscain italien : « Ô sainte relique, que de choses tu pourrais nous dire ! »

« Le Père Agostino consacre lui aussi au Saint-Suaire une de ses conférences, le samedi après les Cendres, un peu plus courte que les autres, peut-être pour laisser plus de temps à la prière. Sa prédication rejoint celle du Père Banterle, mais avec des nuances et des inflexions qui lui sont propres. Il débute en citant Pétrarque qui, à propos des philosophes hostiles à Jésus, écrivait que, plus on attaque Celui-ci devant lui, plus lui entend Le confesser, et ajoutait qu’il voulait défendre l’Église comme on défend une mère dont l’honneur est bafoué.

Le Père Agostino annonce qu’il va faire de même et situe son discours dans le registre apologétique. Il avertit toutefois ses auditeurs qu’il ne fera pas un panégyrique de plus de la sainte relique, son but est autre  : enflammer plus encore la dévotion non pas pour le Saint-Suaire en lui-même mais en tant que ce culte soutient la foi, l’espérance et la charité. Il entre ensuite dans le vif du sujet et fait la liste des critiques contre cette dévotion non seulement dans les milieux anticléricaux, mais aussi chez des chrétiens qui se croient éclairés  : “Quand on nous voit à genoux devant cette relique, on se moque de nous, on crie à la folie, à la superstition”. Il rapporte qu’il y a même des personnes “qui prétendent prendre la défense de Dieu contre ce qui serait de l’idolâtrie et un retour au paganisme”. Mais non, répond-il aussitôt, le culte du Saint-Suaire est fondé tout à la fois sur les instincts du cœur, sur la nature des peuples, sur sa consécration par la religion, et parce qu’il est voulu par Dieu. Pour le démontrer, le franciscain se lance avec audace dans une comparaison avec les centaines de soldats italiens tombés en Éthiopie en janvier de l’année précédente lors de la bataille de Dogali. Il évoque ceux “dont la bannière baignée de leur sang a été ramenée au pays, où elle est vénérée par tous”. À plus forte raison, poursuit-il, le Saint-Suaire peut être vénéré, lui qui est la relique la plus insigne de la foi chrétienne sur laquelle s’inscrivent “les gloires mystérieuses de notre salut”. Dans les deux cas, conclut-il, la vénération ne s’adresse pas à un objet matériel mais à ce qu’il signifie, tout comme pour les reliques honorées par les peuples ou dans les familles.

La suite de la prédication est dogmatique et spirituelle : le Saint-Suaire est “un résumé de la doctrine de Jésus Christ” et, surtout, le témoin de la résurrection du Christ, de cette fraîcheur du matin de Pâques que le Père Agostino évoque en termes lyriques : Jésus l’a “porté” dans son humanité et l’a glorifié en même temps que celle-ci. Ayant dit ces mots, le religieux semble n’être plus en mesure de poursuivre, saisi par l’inspiration. Il s’adresse au Saint-Suaire, tandis que les sténogra­phes notent au vol ses paroles : “Sainte relique, que de choses tu pourrais nous dire ! Que de souffrances inspirer à nos âmes ! Que de souvenirs éveiller dans nos esprits et nos cœurs !” Puis il se ressaisit : il est impossible de nier l’authenticité de la relique, qu’attestent la tradition et l’Histoire, en Orient et en Occident, et qui est soutenue par les papes. D’ailleurs, précise le Père Agostino en faisant allusion à l’incendie de Chambéry en 1532, le Ciel a posé sur lui son sceau en le préservant des flammes. Il ne tarde pas à perdre à nouveau le fil de sa prédication, et s’adresse cette fois au Christ : “Oui, Jésus, mon Sauveur, mon Maître, les vérités de la foi descendent de ton Suaire dans mon cœur, tout comme ton sang coulait de tes blessures”.

S’ensuit un long développement sur les vertus théologales illustrées par la précieuse relique. Le Saint-Suaire confirme la foi dans la Passion rédemptrice ; il confirme l’espérance en attestant aujourd’hui des souffrances et de la mort du Christ comme il fut le témoignage jadis de sa résurrection ; ses taches de sang disent à Dieu : “Pardon, pardon”, et à nous : “Espérez, espérez”, car, devant lui, personne ne peut penser : “Ma faute est trop grande” ; il confirme la charité parce qu’il porte l’évidence de l’amour qui a conduit Jésus à la mort et nous souffle, lorsque nous nous sentons abandonnés de Dieu parce que nous souffrons : “Courage, le disciple n’est pas au-dessus de son maître” ».

                                                                                   Charles-Henri d'Andigné 

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